mardi 4 août 2020

Forêt de Sénart (François le 04/08/2020)

Photos du jour.
François nous propose, aujourd'hui, un parcours à travers les sentiers de la forêt de Sénart. Ces petits sentiers dans les sous-bois offrent davantage de douceur ombragée que les grandes allées exposées directement au rayonnement solaire dans ces bois très éprouvés par la sécheresse. C'est donc avec une température assez agréable que nous parcourons les 9 km de ce parcours totalement forestier. 

La Faisanderie de Sénart (Étiolles)
Construite par Chalgrin en 1775 à la demande de Louis XVI qui chassait en forêt en compagnie de son frère, le Comte de Provence (futur Louis XVIII)., elle servit de lieu de repos. Puis, laissée à l’abandon, La Faisanderie fut rachetée par l’ONF en 1970, qui, après travaux, en fit un lieu d’information à destination du grand public, mais aussi, une structure d’initiation et d’orientation pour les nombreux scolaires qui la fréquentent. Les animateurs nature interviennent toute l’année sur des thèmes variés mettant en œuvre les programmes scolaires : Sous forme de circuits et d’ateliers participatifs, ils aident les enfants à découvrir la forêt.les interactions entre les êtres vivants et leur environnement, le rôle et la place des êtres vivants, la biodiversité en forêt, la forêt gérée par les hommes, etc. 

 La Faisanderie est aussi un lieu convivial d’exposition et de culture.
Son exposition permanente de sculptures d’Art moderne est devenue une référence. (Le jardin où sont exposées les oeuvres n'est pas visible depuis la grille d'entrée et il faut acquitter les droits d'entrée pour pouvoir le visiter.)













La Forêt de Sénart.

Les randonneurs de B.D.V. ont le privilège de résider entre deux importants massifs forestiers : au nord-est de Varennes-Jarcy s'étalent les 3000 hectares de "l'Arc Boisé" et au sud-ouest s'étend la forêt de Sénart, véritable poumon vert de l'Essonne avec ses 3 000 hectares qui font la joie des randonneurs, des sportifs et des familles.  Au total, près de 3 millions de visiteurs viennent fouler chaque année les allées parfois millénaires de ce site d’exception.
Au IXème siècle, elle rejoignait encore la forêt de Fontainebleau et se rattachait au nord aux bois de Vincennes, de Livry et de Bondy. Beaucoup plus tôt, il y a plus de 2 000 ans, cette forêt était courue des druides gaulois qui venaient ici couper le gui dans les arbres. Ils recherchaient le gui qui pousse sur les chênes, les plus rares. La cueillette de cette plante que les Gaulois vénéraient pour ses vertus médicinales s’effectuait toujours le sixième jour de l’année celtique au moyen de leur serpe d’or.
Depuis le XIVe siècle, les Rois de France sont venus chasser dans cette forêt. Les célèbres allées rectilignes et les carrefours en étoiles vont notamment voir le jour avec Louis XIV.


Louis XV et Jeanne Poisson (Vincent Perez et Hélène de Fougerolles)


À l’été 1743, le roi Louis XV chasse fréquemment aux abords de la propriété des "Le Normant" à Étiolles où résidait une certaine Jeanne Poisson. Elle venait assister à la chasse en calèche et faisait tout pour attirer le regard du roi. C'est ainsi que la jeune femme d’Etiolles, nommée marquise de Pompadour restera la favorite de Louis XV pendant près de vingt ans.














La Forêt de Sénart c'est aussi :
- 130 kilomètres d’allées,
- près de 800 mares,
- 25 kilomètres de routes goudronnées interdites aux véhicules motorisés mais ouvert aux vélos et rollers,
- 37 kilomètres de pistes cavalières,
- des sentiers de randonnées balisés,
- Un sentier d’initiation pédagogique,
- Un circuit de découverte VTT,
- Une police montée spécifiquement dédiées pour votre sécurité.

La forêt de Sénart c'est aussi le théâtre de quelques faits divers quelquefois très dramatiques comme cet épisode entre 1995 et 2001, où un individu a commis 33 viols, tentatives de viols et agressions sexuelles sur des joggeuses ou des promeneuses.  Le suspect, résidant à Roubaix (Nord), père de famille et âgé de 40 ans en 2015, avait été finalement écroué vingt ans après les faits, grâce à des analyses d'ADN issu du sperme et d'une montre perdue et à la nouvelle technique ADN dite de "parentèle". L'affaire est appelée l'affaire du violeur à la mobylette ou l'affaire des viols de la forêt de Sénart.

Sécheresse en Forêt de Sénart.
Alors que nous cheminons, les commentaires vont bon train sur les signes évidents de l’inquiétante sécheresse qui sévit sur notre région. Certains arbres semblent terriblement souffrir. Les sol argileux semblent impénétrables et présentent des craquelures caractéristiques. Les mares sont le plus souvent à sec et une couche inhabituelle d'algues vertes recouvre la surface de celles qui présentent encore un faible niveau d'eau. On cherche à comprendre comment peuvent survivre les innombrables batraciens qui peuplent ces mares. 
Photo D.Armanini


Au détour d'un chemin, on aperçoit un chevreuil sans doute à la recherche d'un point d’abreuvage.
Seuls les chênes majestueux semblent résister au manque d'humidité, sans doute parce qu'ils ont un enracinement très profond qui leur permet d'atteindre des couches encore épargnées par la sécheresse.


Face au manque d'eau, les arbres déploient différentes stratégies de défense :
a) En refermant les stomates de leurs feuilles, sortes de « pores » qui permettent les échanges gazeux, les arbres diminuent leur transpiration. Mais cela se fait au prix d'un ralentissement de la photosynthèse et donc, de leur croissance.
b) Les feuilles de certaines espèces, comme le tilleul ou le merisier, peuvent également sécher prématurément. Une façon de réduire la surface de feuilles pour limiter les pertes en eau.
c) A moyen terme, un arbre peut aussi infléchir sa croissance en développant un peu plus son système racinaire et un peu moins son système aérien. Objectif : puiser plus d'eau dans le sol et réduire l'évapotranspiration (l'évaporation d'eau par les feuilles).
d) Enfin, à long et très long terme, les arbres les plus vulnérables sont éliminés au profit des plus résistants. Une adaptation génétique qui n'est toutefois pas aussi rapide que la hausse des températures...


Cependant, si la sécheresse se prolonge, l'arbre se retrouve « sous-alimenté en carbone » et doit puiser dans ses réserves. Affaibli, il est moins apte à se défendre contre les insectes et les maladies, ce qui peut, après quelques années, provoquer son dépérissement. Par ailleurs, si l'évapotranspiration est plus importante que l'apport en eau du sol, des bulles d'air se forment dans les vaisseaux de l'arbre et empêchent la conduction de l'eau, créant une embolie. Là encore, l'arbre peut en mourir.

Nous suivons maintenant le cours du "Madereau", petit ru forestier totalement à sec, pour rejoindre le parking de la Faisanderie qui marque l'issue de cette belle rando estivale.



Carte de notre circuit :
Le plan imprimable et le fichier GPX de ce circuit sont accessibles dans l'onglet "GPX&PDF". (Mot de passe nécessaire)

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