mardi 21 juillet 2026

Les secrets du Parc de Sceaux — Jacques P. — 21 juillet 2026
Article randonnée BDV

Les secrets du Parc de Sceaux

Une randonnée pique-nique estivale, entre fraîcheur des sous-bois, perspectives de Le Nôtre, patrimoine et lieux de mémoire.

Jacques P. 21 juillet 2026 8 km Domaine de Sceaux

Mardi 21 juillet 2026, Jacques P. avait imaginé une formule délicieusement estivale : partager d’abord un pique-nique à l’ombre, puis parcourir environ 8 kilomètres à la découverte des richesses et des curiosités du Domaine de Sceaux.

🔰 Touchez ou cliquez sur une photo pour l’agrandir, puis cliquez à nouveau pour la refermer.

Un pique-nique sous les grands arbres

Les randonneurs réunis autour de la table du pique-nique
Une tablée conviviale, bien installée à l’ombre.

Avant de prendre les allées, les marcheurs se sont retrouvés dans la fraîcheur bienvenue des grands arbres. Tables pliantes, fauteuils de camping, sacs bien garnis : tout était réuni pour commencer la journée dans la bonne humeur.

La chaleur de ce cœur d’été et le choix d’un jour de semaine ont sans doute retenu quelques habitués. Le groupe, plus intime qu’à l’ordinaire, n’en est que plus chaleureux. Autour de la table, les conversations vont bon train sur les conséquences catastrophiques des épisodes de canicule (sécheresse, incendies, etc...) tandis qu'on profite volontiers des petites attentions apportées par les uns et les autres pour améliorer l'ordinaire.

Deux participants pendant le pique-nique
Le plaisir simple de se retrouver avant la marche.

Cette première halte donnait déjà le ton : prendre le temps, profiter du parc et se laisser guider par Jacques vers ce que l’on ne remarque pas toujours. Car le Domaine de Sceaux se prête à plusieurs lectures. On peut y venir pour marcher, pour admirer les jardins, pour suivre les traces de l’histoire… ou pour tout cela à la fois.

On prend le temps d'apprécier le pique-nique dans l'ombre d'un chêne majestueux avant de plier le matériel pour le rapatrier vers les coffres de nos véhicules stationnés dans le parking tout proche.

Avant d'attaquer le parcours de découverte, on se ménage sagement un petit arrêt au Kiosque de la Grenouillère où nous est servi un café bien tassé accompagné de l'inévitable et cependant délicieux petit biscuit belge. (J'adore les spéculos.)

Du Grand Siècle au château des Trévise

Le pavillon de Hanovre aperçu sous les arbres
Le pavillon de Hanovre, actuellement en restauration.

Très discret, presque secret derrière les feuillages, le pavillon de Hanovre rappelle une autre histoire du domaine. Ancienne folie parisienne du XVIIIe siècle, sa façade fut remontée à la lisière sud-ouest du parc de Sceaux au début des années 1930. Le bâtiment fait actuellement l’objet d’une restauration, non sans susciter une polémique patrimoniale autour de l’ajout contemporain d’une résille contemporaine sur sa façade ouest. Polémique, à mon avis assez injuste, puisque le parti pris du projet actuel est de restaurer la magnifique façade historique, oeuvre initiale du pavillon réalisée par Chevotet en 1795. Ce qu'on aperçoit des travaux en cours confirme que ce projet est une parfaite réussite.

Le château de Sceaux et ses jardins à la française
Le château actuel, dans l’axe des jardins réguliers.

Le domaine entre véritablement dans l’histoire en 1670, lorsque Jean-Baptiste Colbert acquiert la seigneurie de Sceaux. Le ministre de Louis XIV confie à André Le Nôtre l’aménagement d’un jardin régulier. Le château de Colbert a disparu au début du XIXe siècle ; celui que nous voyons aujourd’hui fut élevé au milieu du XIXe siècle pour la famille de Trévise, dans un élégant style de brique et de pierre.

Le parc conserve cependant la force de la composition classique : axes rigoureux, bosquets, parterres et perspectives qui semblent repousser l’horizon. Le château, aujourd’hui musée du Domaine départemental de Sceaux, reste le point de mire naturel de cette mise en scène.

L’art des perspectives

Le groupe devant la perspective des cascades du parc de Sceaux
Le groupe réuni devant l’une des grandes perspectives du parc.

Les photos disent mieux que de longs discours la puissance de ces lignes. Depuis les terrasses, le regard glisse le long des bassins et des cascades, encadrés par des masses végétales parfaitement ordonnées. Plus loin, le Grand Canal, long de plus d’un kilomètre, ouvre une seconde perspective monumentale.

La sécheresse avait blondi certaines pelouses, mais les frondaisons demeuraient généreuses. Elles ont offert au groupe une promenade agréablement ombragée, alternant lumière franche des grandes trouées et fraîcheur des chemins boisés. Une belle démonstration de ce que le parc sait offrir au cœur de l’été.

Un parc habité par la mémoire

Le Pupitre des étoiles, mémorial de la déportation des Juifs des Hauts-de-Seine
Le « Pupitre des étoiles », œuvre de Christian Lapie.

Au détour d’une clairière de bouleaux, le parcours change soudain de registre. Les silhouettes dressées du « Pupitre des étoiles », œuvre du sculpteur Christian Lapie, composent le mémorial de la déportation des Juifs des Hauts-de-Seine. D’imposantes statues, à forme humaine à peine ébauchée, au nombre de douze, de tailles différentes, symbolisent les douze fils de Jacob, ancêtres des douze tribus d’Israël. Quatre pupitre ont été gravés des noms des 972 victimes de la Shoa originaires des Hauts-de-Seine.

Dans ce cadre silencieux, l’installation invite naturellement au recueillement.

Un autre monument "L'aigle d'Arménie", oeuvre du du sculpteur Rast-Klan Toros illustre le centenaire du génocide des arméniens de 1915.
Cette présence donne au domaine une profondeur supplémentaire. Derrière le parc d’agrément et les jardins d’apparat se trouvent aussi des lieux qui relient la promenade à la mémoire collective.
Jacques et Véronique ont ainsi préparé un parcours où chaque détour devient une découverte.

Curiosités au détour des allées

Une randonnée intitulée « Les secrets du Parc de Sceaux » ne pouvait se contenter des grandes perspectives. Il fallait aussi s’arrêter devant les détails inattendus, ceux qui donnent envie de regarder de plus près.

Masque de coquillages, sculpture surgissant d’un bassin, jeux d’eau, pavillons dissimulés par la végétation : ces détails sont autant de ponctuations dans la promenade. Ils rappellent qu’un lieu familier peut encore surprendre, pour peu que quelqu’un ait pris le temps d’en préparer la visite.

Une initiative à ne pas manquer
Cette sortie n’a peut-être pas réuni la foule des grands jours, mais elle avait tout pour séduire : une formule conviviale, un parcours accessible, un patrimoine remarquable et l’ombre précieuse des grands arbres. Que cette belle journée donne envie à chacun de répondre présent lors des prochaines propositions de ce type : les découvertes préparées avec soin méritent assurément d’être partagées par le plus grand nombre.

Un grand merci à Véronique et Jacques P. pour la préparation et l’animation de cette randonnée, et aux participants pour les images qui nous en transmettent l’atmosphère.
Repères historiques : le parc historique, le pavillon de Hanovre et le Domaine de Sceaux, Conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Retour au blog Envoyer un commentaire sur cet article.