mardi 1 octobre 2019

Rocher Canon Fontainebleau (François le 01/10/2019)

D


e retour d'un court séjour de pêche en Irlande, je n'ai pu être présent à cette belle rando en forêt. Je dois l'inspiration de cet article aux photos de Didier publiées sur le Blog BDV et au concours des moteurs de recherche.


Bloc à Bleau
De par ses particularités géologiques et sa proximité de Paris, le massif de Fontainebleau occupe une place de choix dans l'histoire de l'escalade et de l'alpinisme en France. Le rocher Canon est un site d'escalade de réputation internationale. Depuis les années 1980, le "bloc" (escalade sur rochers de faible hauteur) se développe comme activité sportive autonome et non plus comme subalterne à l'alpinisme ou à la falaise. On vient de partout dans le monde pour pratiquer le "bloc" à Fontainebleau. Dans le jargon des pratiquants, la Forêt de Fontainebleau est nommée "Bleau". On pratique donc le bloc à Bleau. Mais cela n'est pas sans conséquences sur l'environnement.
Ce très beau site propose nombre d'arbres remarquables. Outre le célèbre chêne perché situé face à la prairie du parking, on y trouve de très beaux spécimens de hêtres tortueux, de très beaux bouleaux et quelques cèdres rescapés...  Progressivement, le Rocher Canon est devenu un milieu artificialisé par les équipements anti-érosion, les parcs de stationnements et les panneaux d'informations. L'hyper-fréquentation entraîne un damage excessif des sols, le décapage des couches superficielles, le déracinement des arbustes, la mise à nu des racines des plus gros arbres. Les pérégrinations nocturnes de quelques jeunes des environs qui y font du feu, des tags et y cassent leur bouteilles de bière ajoutent au problème de fond. Bref, le Canon est l'exemple d'un site péri-urbain d'un intérêt remarquable et qui, menacé, nécessite la vigilance de tous : grimpeurs, promeneurs, visiteurs...Les grimpeurs et les randonneurs font leur part d'actions de sauvegarde ; c'est eux qui ont effacé les tags signalés, c'est eux aussi qui régulièrement vont ramasser les déchets.


La Table du Grand Maître.


Alexandre Claude Lefebvre de la Faluère a été grand maître des Eaux et Forêts de Paris entre 1703 et 1745 (fin du règne de Louis XIV / début du règne de Louis XV). 
Pour comprendre la nature de son intervention dans le massif de Fontainebleau, il convient de se pencher (un tout petit peu) sur l'histoire de cette forêt qui se nommait "forêt de Bière" à l'origine (comme dans la dénomination "Chailly-en-Bière", par exemple).
Cette forêt de Bière est un territoire dévolu aux chasses royales depuis le XIéme siècle. (Le mot "forêt" est dérivé du latin "foresta" qui signifie "territoire royal".) Au XVIème siècle, François 1er (surnommé le Roi des Veneurs) fait reconstruire entièrement le Château de Fontainebleau qui devient rapidement son lieu de résidence favori.  Le roi s'adonne à la chasse à courre 2 ou 3 fois par semaine, et même quotidiennement, lorsqu'il séjourne à Fontainebleau. La chasse étant prioritaire, on peut comprendre que l'état du boisement de la forêt de Fontainebleau ait longtemps été médiocre,  La forêt de Bière est alors composée de trois ou quatre massifs boisés, isolés au milieu de vastes landes, plantées de bruyères, de genévriers et de bouleaux.  En 1716, De la Faluère, évalue la forêt de Fontainebleau à 26 264 arpents (13 395 hectares), mais les bois n'occupent que 7 103 hectares, soit un peu plus de la moitié de la superficie totale (53 %).  Afin de remédier à cette situation, les réformations de 1716 (De la Faluère) et de 1754 (Duvaucel) prévoient d'importants travaux de plantations de feuillus et ouvrent ainsi la voie au développement du magnifique massif boisé que nous connaissons aujourd'hui. La table du Grand-Maître porte gravée la date de 1723. C'est le Sieur de la Falluère qui la fit ériger à l’endroit même où il avait fait raser un petit monticule qui obstruait une perspective sur la forêt environnante.